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Kaspersky : face aux démentis, Reuters persiste et signe

L’agence n’en démord pas et continue d’affirmer que l'éditeur russe aurait volontairement cherché à saboter ses concurrents en favorisant leurs faux positifs. Reuters publie cette fois des mails pour appuyer ses dires, impliquant directement Eugene Kaspersky.


Reuters a publié vendredi un nouvel article soutenant la thèse exposée plus tôt dans le mois d’août d’un sabotage orchestré par Kaspersky pour nuire à ses concurrents. L'agence de presse citait auparavant 3 sources anonymes, ex-employés de l’éditeur russe d’antivirus, qui expliquaient avoir travaillé sur le reverse engineering de produits concurrents dans le but avoué de favoriser chez eux les faux positifs.


Dans son nouvel article, Reuters s’appuie cette fois-ci sur des mails obtenus par l’agence de presse, qui détaillent un peu plus les pratiques de Kaspersky à l’égard de ses concurrents.


Dans les mails publiés, Kaspersky exprime clairement le souhait de se débarrasser de ses concurrents, utilisant une expression déjà utilisée par le président Poutine pour évoquer la lutte menée par la Russie contre les rebelles tchétchènes « We will rub them out in the outhouse ». Dans un email daté de juillet 2009, Eugene Kaspersky évoquerait ainsi directement la société AVG qui aurait selon lui débauché plusieurs managers des rangs de Kaspersky.


Le précédent chinois


Les mails révèlent également une campagne similaire à celle dénoncée au début du mois, mais cette fois-ci à l’encontre de sociétés concurrentes de Kaspersky sur le marché chinois en 2002. « Nous avons déjà eu une expérience similaire en Chine en 2002-2003 et nous sommes parvenus à détrôner l’un des leaders du marché à l’époque » poursuit Kaspersky dans les mails publiés.


L’agence de presse croit savoir que l’entreprise ici référencée était la société Beijing Jiangmin New Science & Technology Co. Reuters explique que le succès de la société était notamment basé sur la copie du système d’identification mis en place par Kaspersky selon deux ingénieurs logiciels ayant travaillé pour la société chinoise. Après l’échec des négociations, Kaspersky aurait décidé de créer des faux sample de malware afin de provoquer des faux positifs chez les clients de Beijing Jiangmin New Science & Technology Co et de récupérer ainsi des parts de marché. Une stratégie qui s’est révélée payante selon Reuters.


Mise à jour à 12h43 : Contacté par Zdnet.fr, Kaspersky dément formellement ces nouvelles allégations « Reuters est en quête de commentaires sur des emails qui pourraient ne pas être authentiques et ont été obtenus grâce à des sources anonymes dont les motivations restent opaques. Utiliser des commentaires hors de leur contexte et largement spéculer sur leur sens ne constituent en aucun cas une preuve de la véracité des allégations qu’auraient pu faire d’anciens employés mécontents. Kaspersky Lab n’a jamais mené de campagne secrète pour piéger ses concurrents et générer des faux-positifs dans le but de leur nuire sur le marché. De telles actions sont contraires à l’éthique, malhonnêtes et illégales. Les accusations portées par d’anciens employés mécontents sont sans fondement et tout simplement fausses. »


 


Source: ZDNET