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Windows 10, trois ans après : un élève en net progrès

Technologie : À l'approche de son troisième anniversaire, Windows 10 arrive à maturité. Malgré une base installée mondiale de plus de 700 millions d'utilisateurs actifs, l'OS doit encore convaincre les utilisateurs de Windows 7 de basculer. Mais comment ? Voici mon bulletin.


Ce mois-ci, cela fera trois ans que Microsoft a publié Windows 10.


Ces trois années n'ont pas été de tout repos pour les partenaires OEM de Microsoft et pour les entreprises clientes de Windows, comme chaque fois après lancement d'une nouvelle version de Windows.


Avec Windows 10, Microsoft a cependant bouleversé le calendrier habituel. Au lieu d'une sortie "big bang" tous les trois ans, Microsoft a choisi de déployer régulièrement de nouvelles fonctionnalités pour son système d'exploitation de bureau. Au cours des trois dernières années, l'éditeur a ainsi diffusé cinq mises à jour fonctionnelles.


La version la plus récente, April 2018 Update, peut sembler plus secondaire que la mise à jour qui l'avait précédée six mois plus tôt. Mais comparez-la à la version de départ de Windows 10 sortie en juillet 2015 et le contraste est frappant.


Le Windows 10 d'aujourd'hui est l'équivalent d'une de ces sorties big-bang d'autrefois. Et peut-être même plus impressionnant grâce aux retours en temps réel que les clients de Microsoft ont été en mesure de fournir et de l'évolution des fonctionnalités au cours des trois années écoulées.


Mi-2018, l'expérience utilisateur de Windows 10 serait familière à quiconque se réveillerait après une sieste de trois ans, mais un examen plus approfondi révélerait d'innombrables améliorations de l'ergonomie.


La transition de l'ancien Panneau de configuration vers la nouvelle application Paramètres a été impressionnante, surtout si vous tenez compte des modifications graphiques apportées par Fluent Design.


Les designers de Microsoft ont peaufiné et ajusté le volet Notifications de manière constante, le plus gros changement étant la façon dont les notifications potentiellement ennuyeuses sont regroupées pour une gestion efficace. Lorsque vous ajoutez l'intégration avec Cortana et la possibilité de lier un téléphone mobile à Windows 10, l'expérience se révèle utile.


Et puis il y a une fonctionnalité totalement nouvelle comme Timeline, qui devait faire son apparition en 2017 avant d'être finalement reportée en 2018. Celle-ci transforme directement l'ancien raccourci Windows + Tab.


J'avais publié des bulletins de notes pour Windows 10 après sa première et sa deuxième année. À l'approche du cap des trois ans, il était temps de faire un nouveau bilan. Mon bulletin 2018 utilise les mêmes catégories (avec une exception notable) que les deux années précédentes.


 

Taux d'adoption : B


La base installée Windows 10 croît à un rythme d'environ 200 millions de nouveaux utilisateurs actifs par an. À ce rythme, le nombre de terminaux à l'échelle mondiale fonctionnant sous Windows 10 atteindra la barre du milliard vers le Nouvel An 2020.


En soi, le chiffre est impressionnant. Mais peut-être est-il encore trop petit et trop en retard. En effet, une autre étape importante sera franchie quelques semaines plus tard : la fin du support étendu de Windows 7, programmée le 14 janvier 2020. Même si cette échéance n'est plus qu'à 18 mois, les entreprises clientes de Microsoft ne semblent pas pressées de migrer de 7 à 10.


Les données d'utilisation du programme Data Analytics des États-Unis offrent une bonne mesure de la façon dont la migration s'est déroulée jusqu'à présent. Au 30 juin 2018, Windows 7 représentait encore près de 40% des visites sur les sites Web du gouvernement américain depuis un PC Windows.



Microsoft insiste sur le fait qu'il ne prolongera pas la durée de support de Windows 7, comme il l'a fait avec Windows XP. Mais si la majorité de ses clients professionnels refusent de bouger d'ici la fin de l'année prochaine, la situation pourrait se compliquer très dangereusement.


Upgrades et mises à jour : B


Le concept "Windows as a Service" a connu des débuts tumultueux, mais au bout de trois ans, Microsoft a finalement atteint le rythme de deux mises à jour fonctionnelles par an, une en avril et une autre en octobre, ainsi que des mises à jour cumulatives chaque deuxième mardi du mois.


Les dernières mises à jour ont ajouté des notifications plus claires concernant les prochaines mises à jour, ainsi que des options pour replanifier leur installation à un moment plus approprié pour l'utilisateur. Ce changement a beaucoup contribué à apaiser les utilisateurs de Windows 10 gênés par des mises à jour qui démarrent à des moments inattendus et invariablement incommodes.


Deux autres problèmes liés au processus de mise à jour continuent cependant d'ennuyer les utilisateurs de Windows 10.


Le premier est la taille des mises à jour semestrielles des fonctionnalités. Bien qu'une certaine ingéniosité ait permis à Microsoft de réduire légèrement ces paquets, ceux-ci pèsent encore plusieurs mégaoctets. Cela peut se révéler problématique pour les utilisateurs de Windows 10 dont l'abonnement est contraint en termes de téléchargement.


L'autre préoccupation, c'est que la complexité persistante du processus de report des mises à jour. Pour les clients de Windows 10 Home, l'opération est tout bonnement impossible. Compte tenu de la taille et de la diversité des profils de la base installée de Windows, le processus de mise à jour ne sera jamais parfait. Mais une option de report raisonnable ("Attendre deux mois avant de livrer une mise à jour fonctionnelle") pourrait être accueillie comme un véritable signe de bonne volonté.


Vie privée : A-


La première année, Windows 10 a été la cible d'un flot constant de rapports alarmants épinglant la collecte de données de télémétrie par le nouveau système d'exploitation et soulignant les menaces présumées pour la vie privée. Au cours des deux dernières années, cependant, ce déluge s'est tari et la télémétrie de Windows 10 est devenue, à toutes fins pratiques, un non-problème.


Qu'est-ce qui a changé ?


Pour commencer, début 2017, Microsoft a commencé à partager des informations détaillées sur ce qu'il surveille ou pas avec son composant Connected User Experience and Telemetry, également connu sous le nom de Universal Telemetry Client. Il a également modifié les paramètres de confidentialité par défaut de Windows 10 pour prendre en compte les critiques des régulateurs européens.


Ensuite, avec la sortie plus tôt cette année de Windows 10 version 1803, Microsoft a fourni un nouvel utilitaire, Windows Diagnostic Data Viewer. L'outil permet à toute personne disposant d'un compte administrateur d'inspecter les données de télémétrie collectées à partir d'un terminal. La mise à jour d'avril 2018 comprend également un bouton Supprimer, qui efface instantanément toutes les données de télémétrie enregistrées.



Le Diagnostic Data Viewer, nouveau dans Windows 10 version 1803, affiche tout ce qui est envoyé aux serveurs de télémétrie de Microsoft.


Cet outil était disponible en préversion depuis trois mois. Il est désormais installé sur plus de 250 millions de PC Windows 10. Jusqu'à présent, aucun défenseur de la vie privée n'a présenté de découvertes contredisant l'affirmation de Microsoft selon laquelle les données de télémétrie sont utilisées uniquement pour l'amélioration des produits.


Les polémiques qui ont visé Facebook et d'autres l'année dernière et en 2018 soulignent que des menaces autrement plus importantes et concrètes requièrent qu'on s'en préoccupe.


Sécurité : A/B


Comme les années précédentes, j'ai attribué deux notes dans cette catégorie pour refléter les deux groupes de clients très différents d'utilisateurs de Windows.


Microsoft a fourni un assortiment impressionnant de fonctionnalités de sécurité pour ses clients entreprises, ce qui lui vaut un A- sur mon bulletin de notes. Bon nombre de ces fonctions de sécurité ne sont pas disponibles pour les segments particuliers et petites entreprises du marché, c'est pourquoi j'ai aussi attribué un B dans cette catégorie.


Toutes les fonctionnalités de sécurité de base sont présentes dans chaque édition de Windows 10, y compris le support de l'authentification biométrique dans Windows Hello, le chiffrement de disque et la protection anti-malware intégrée. Microsoft continue d'investir dans Windows Defender Security Center, qui connecte ses nombreuses fonctionnalités de sécurité à un tableau de bord unique.


Le bénéfice net est de rendre moins nécessaire pour les consommateurs et les petites entreprises le fait de dépenser de l'argent pour des logiciels de sécurité tiers. Décider d'abandonner ces programmes devient un peu plus facile quand ceux-ci finissent par provoquer plus de problèmes qu'ils n'en résolvent, comme dans le cas d'Avast Behavior Shield qui a entraîné d'importants échecs lors des mises à jour Windows il y a quelques mois.


Mais comme je l'avais noté l'année dernière, la liste des fonctionnalités entreprise est plus impressionnante, avec Windows Defender Advanced Threat Protection en tête de liste. Cette fonctionnalité, conçue pour détecter les menaces ayant contourné les autres protections, fournit aux entreprises clientes des outils pour enquêter sur les intrusions et proposer des réponses sur incident.


D'autres fonctionnalités, en préversion l'année dernière, sont désormais entièrement disponibles pour les entreprises, y compris Windows Defender Exploit Guard et Windows Defender Application Control (précédemment connu sous le nom de Device Guard).


La seule fonction de sécurité qui n'a pas pris au cours de l'année écoulée, c'est Windows 10 S. Décriée, Windows 10 S n'est aujourd'hui plus une édition Windows distincte, mais une fonctionnalité, le "Mode S".


Applications : C-


Pour le deuxième anniversaire de Windows 10, j'avais jugé incomplet les résultats dans cette catégorie dans l'attente dans le Microsoft Store de certaines applications de bureau clés. Un an plus tard, ces applications sont là, et elles ont peu contribué à dynamiser le paysage applicatif.


Vous pouvez désormais télécharger Microsoft Office, iTunes, Slack et Spotify depuis le Store, ainsi que d'autres applications de bureau moins renommées, grâce à un outil logiciel appelé Desktop Bridge (anciennement appelé Centennial). Malheureusement, très peu de raisons justifient un passage par le Store Microsoft quand chacune de ces applications est également disponible en téléchargement conventionnel.


En fait, iTunes dans le Microsoft Store, affiche parmi les pires critiques que j'ai pu consulter. Parmi les 10 avis les plus récents, 9 lui attribuent la note la plus basse possible, 1 étoile, avec des qualificatifs comme "irritant", "stupide", "Je déteste".


En revanche, les applications installées par défaut dans Windows 10 ont été nettement améliorées par rapport aux versions rudimentaires de première génération. Mais ces améliorations sont éclipsées par la volonté de Microsoft de préinstaller certaines applications sans intérêt (Candy Crush, par exemple) sur chaque nouveau PC Windows 10.


Le point fort dans le firmament des applications Windows de nos jours est Office 365. Mais bien sûr, Office 365 ne nécessite pas du tout Windows 10.


Matériel : B+


Cette catégorie regroupait autrefois les tablettes et les smartphones. Microsoft avait écopé d'un F cinglant l'an dernier suite à sa capitulation sur le marché de la téléphonie mobile. Heureusement, l'entreprise a mis totalement fin à sa gamme de produits Windows Phone, ce qui lui a permis de se concentrer sur l'équipement PC.


Sur le haut de gamme, au moins, jamais les références PC n'ont été si nombreuses. Le Surface Pro et le Surface Book sont d'excellentes illustrations de l'état de l'art PC. Dans cette démarche, Microsoft semble avoir atteint l'objectif qu'il s'était fixé : encourager ses partenaires OEM à construire de meilleurs terminaux.


Les difficultés rencontrées en ce moment par Apple sur le marché Mac ne peuvent pas nuire à Microsoft : qualité de ses claviers critiquée, apathie dans le secteur du design et incapacité à fournir des mises à niveau pour des produits emblématiques comme le Mac Pro.


Et, bien sûr, l'échec le plus flagrant de tous : un manque total de support pour les terminaux à écran tactile censés être ses produits professionnels.


Cela a permis aux constructeurs Windows de proposer des designs véritablement intéressants, comme le HP Spectre x360 et le MateBook Pro X de Huawei.


Au début de cette décennie, un nombre surprenant d'experts étaient prêts à déclarer le PC mort. Mais l'industrie continue à déjouer les entreprises de pompes funèbres, et une grande partie du crédit devrait en revenir à Windows 10.